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Ouvrage du Pas du Roc :

    Gros ouvrage niché dans le verrou glaciaire du Pas du Roc, pour la défense des débouchés du vallon du Fréjus, en appui du PO d'Arrondaz et de l'AP du Fréjus ; appui également l'ouvrage du Lavoir.

    Outre son altitude proche de 2 400m (ce qui en fait le plus élevé des GO de Savoie), le Pas du Roc recèle quelques particularités. Son commandant était un officier du Génie (cas unique de la Ligne Maginot) ; son bloc 3 (2 obusiers de 75/31) débouche en pleine falaise ; il est également le seul à être armé d'un mortier de 50mm sous casemate ; son ravitaillement était prévu par un téléphérique en raison des difficultés d'accès routier en hiver ; enfin il est le seul GO de Savoie utilisé par les allemands durant la seconde bataille des Alpes.
    C'est enfin le seul GO à rester inachevé ; en raison de l'altitude qui interdit tous travaux durant les 6 mois d'enneigement.

Secteur : Maurienne, Modane, Cols du Sud.
Type : GO mixte, ligne de Résistance.
Altitude : 2 342m (b EMHT) - 2 385m (b2) ; moyenne partie centrale : 2 345m.
Armement : 2 Ob de 75/31, 4 Mo de 81/32, 1 Mo de 50, 1 créneau JM, 2 cloches JM, 2 cloches GFM, 2 créneaux FM de défense des fossés. L'ouvrage devait également compter une cloche LG (non armée), une cloche GFM et 3 créneaux FM pour le bloc EMHT non installés ; de plus le b3 comportait une guérite bétonnée pour FM.
Soutien : 2 Ob de 75/31 du Lavoir, 2 Ca-Ob de 75/29 du Sapey (ouvrage), et de nombreuses pièces longues de l'artillerie de Position du Sapey (fort et redoute), du Replaton et installées dans la région de Modane ; les mortiers d'Arrondaz (en position à l'extérieur de l'ouvrage).
Mission :  Interdiction des débouchés du vallon du Fréjus par le Pas du Roc et le col d'Arrondaz.
Composition : b EMHT : intégrant la gare supérieure du téléphérique Pont Nuaz - Pas du Roc, le bloc n'est pas terminé et son armement n'a pas été installé (1 cloche GFM, 3 créneaux FM sous béton) ;
b1 : 2 cloches JM et un créneau JM tirant sur le col d'Arrondaz et le vallon du Fréjus, 1 cloche GFM et 1 cloche LG (non armée) de défense rapprochée ; les terrassements, le revêtement des locaux, et le plan incliné n'ont pas été terminés,
b2 : observatoire équipé d'une cloche VDP,
b3 : 2 Ob de 75/31 pointés sur le Lavoir, une guérite bétonnée pour FM de défense rapprochée ;
b4 : 2 Mo de 81/32 tirant sur le col d'Arrondaz, 2 Mo de 81/32 en direction du Fréjus, 1 Mo de 50 (initialement prévu en 60mm) pour la défense des avants, 1 cloche GFM de défense des abords et 2 créneaux FM de défense des fossés, sortie de secours ;
b5 : évacuation des gaz de l'usine et de la cuisine, non construit ;
une tranchée avec emplacements de tir sur les superstructures, pour l'observation et la couverture des angles morts ;
un casernement extérieur de temps de paix.
Garnison : 4 officiers et 167 hommes du 81e BAF, 164e RAP et 4e Génie, sous le commandement du Cne Chanson.
Eau potable : Alimentation par une source captée à 500m ; conduite enterrée.
Réserves principales : 3 citernes ; capacité inconnue.
Réservoir de consommation courante pour la caserne et les blocs.
Utilisation des réserves de blocs pour le refroidissement des armes.
Cuisine : Locaux prévus non terminés, implantation dans les locaux destinés à l'infirmerie.
Cuisinière électrique 3 feux, 2 fours située dans l'usine.
Chauffe-eau électrique.
2 éviers indépendants.
Chauffage : Chauffage central pour tous les locaux habitables, y compris dans les blocs ; alimenté par le circuit de refroidissement des moteurs ; chaudière à charbon d'appoint située dans le bloc EMHT.
Radiateurs électriques 0,5 et 1 kw d'appoint pour tous les locaux.
Eclairage : Lampes électriques dans tous les locaux ; ampoules à baïonnette 127 V, 20 à 60 w.
Lampes de secours à pétrole.
Ventilation : 1 ventilation principale prenant l'air frais par le bloc EMHT, sans salle de neutralisation en raison de l'altitude.
Ventilation pour tous les blocs (sauf b5 - cheminée), puisant l'air dans la galerie principale à travers le sas.
Réseau principal d'extraction de l'air vicié (latrines, cuisine, atelier), avec échappement par bloc EMHT.
Réseau indépendant d'extraction de l'air vicié par bloc actif.
Tous les ventilateurs sont électriques.
Electricité : Consommation maximale : 120 kW.
Alimentation normale par une ligne aérienne depuis Modane (qui dessert également le Lavoir).
Production de secours : 4 groupes électrogènes de 45 kW prévus (2 seulement installés), un groupe de secours. Moteur Alsthom diesel 3 cylindres, alternateur Alsthom avec excitatrice en bout d'arbre.
Communications : 1 réseau téléphonique interne entre les blocs, le pc et les transmissions,
1 réseau téléphonique enterré en direction du GO du Lavoir et du central du Charmaix,
1 réseau téléphonique enterré avec le PO d'Arrondaz et l'AP du Fréjus,
1 poste émetteur-récepteur ER 50.
Superficie souterraine : Environ 2 500 m².
Date de construction : 1931 - 1940. Le bloc 1 a été coulé durant l'automne - hiver 1939 ; le bloc EMHT n'est terminé ; le bloc 5 est à peine fouillé.
Constructeur : Société Provençale des Travaux Public, sous la direction de la CORF ; et MOM (en particulier 71e, 81e BAF et 4e Génie) pour l'achèvement du bloc 1 à l'automne 1939.
Accès (d'époque) : Route militaire stratégique du Fréjus, et le téléphérique reliant l'ouvrage à Pont Nuaz (sur la route Charmaix - Lavoir).
Coût : Environ 10 MF de l'époque.
Historique :

Au cours des combats de juin 1940, l'ouvrage du Pas du Roc a été particulièrement visé. L'artillerie de campagne italienne a bombardé les blocs, et plus spécialement le bloc 1, sans résultats. Le 24 juin, l'infanterie profitant des angles morts et du brouillard, parvint jusque sur les superstructures : les ouvrages voisins (Lavoir, Sapey et Arrondaz), ainsi que l'artillerie de position, effectuèrent alors un violent tir d'épouillage, achevé par une sortie à la grenade de la garnison. De leur coté, les mortiers du Pas du Roc furent d'un grand secours pour dégager les PO d'Arrondaz et du Fréjus, eux aussi attaqués par l'infanterie, de même pour interdire le vallon du Fréjus quand la visibilité le permettait.

Blessé au cours des premiers bombardements, le Cne Chanson est évacué sur l'hôpital de St Jean de Maurienne ; il sera de retour dans la nuit du 22 au 23. En tant que responsable du chantier de l'ouvrage à l'automne 1939, il en prend le commandement à la déclaration de guerre italienne, ce qui en fait le seul gradé du Génie commandant un ouvrage de la Ligne Maginot.

 

En septembre 1944, l'ouvrage est pris par les FFI, mais perdu dans une contre-attaque allemande. Les allemands conservent le Pas du Roc, bien que désarmé suite à l'armistice du 25 juin 1940. L'ouvrage sert d'abri face aux troupes françaises installées au Lavoir, d'observatoire, de position de mortiers, et de cantonnement. Il ne sera évacué qu'à la fin avril 1945 avec le repli de l'armée allemande.

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