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SAVOIE-FORTIFICATIONS |
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Le Secteur Fortifié de Savoie : Situation : Le secteur fortifié de Savoie est le plus
au Nord des défenses alpines. Il figure s'étend sur un territoire montagneux, le
plus élevé des Alpes. Sa géographie se compose en deux parties : à l'Ouest de la
Combe de Savoie, les sommets sont modestes et les vallées larges
(Préalpes) ; à l'Est les sommets dépassent fréquemment les 3.000m avec un relief
relativement imperméable (massifs centraux). Deux grandes vallées encaissées
pénètrent au coeur des massifs jusqu'à la frontière : la Tarentaise au Nord, la
Maurienne au Sud. Des vallées secondaires irriguent le territoire ; des cols
permettent de passer d'une vallée à l'autre. Dans sa partie Ouest, la Savoie
communique avec Grenoble par le Grésivaudan, Lyon par la route des Echelles,
Annecy par la Cluse de Faverge, enfin en direction de Sallanches par la vallée
de l'Arly. Bien qu'accusant un relief difficile, la
Savoie a toujours été un lieu d'échange privilégié entre France et Italie.
Depuis la voie romaine du Petit Saint Bernard, jusqu'au tunnel ferroviaire du
Fréjus, en passant par la route Royale du Mont Cenis. On échange les produits du
terroir (beaufort en particulier) ; mais également le sel, le plomb, l'argent
extraits des mines, ainsi que le bois. La frontière voit passer les travailleurs
saisonniers louant leur bras aux usines de la vallées ou pour les travaux
pastoraux, les colporteurs et négociants, les contrebandiers. Le secteur fortifié de Savoie a pour voisins : au Nord le secteur défensif du Rhône, très peu fortifié car tourné vers la Suisse et imperméable face à l'Italie (massif du Mont Blanc) ; au Sud le secteur fortifié du Dauphiné et la puissante place forte de Briançon, la liaison s'effectue au col du Galibier, passage fortifié. Mission : La Savoie forme frontière avec l'Italie
dans la partie haute des grandes vallées (Tarentaise et Maurienne) sur plus de
100 km. Le relief constitue un obstacle, mais il reste relativement perméable.
Les cols du Petit Saint Bernard et du Mont Cenis sont les seuls passages
carrossables, néanmoins les cols secondaires sont équipés de chemins muletiers,
et fréquentables en hiver malgré l'altitude (2.500m en moyenne). L'apparition
des Troupes Alpines (en France comme en Italie) rend possible le franchissement
armé des Alpes. Par soucis d'économies et de facilités, la
défense de la Savoie s'appuie essentiellement sur le relief. Le principe est de
barrer les grandes voies de pénétration (Tarentaise et Maurienne) en un lieu où
le relief canalise les assaillants. Les directions secondaires sont également
fortifiées, mais moins puissamment ; la frontière est surveillée ; les
intervalles sont laissés aux troupes de campagne. Composition : Le secteur fortifié de Savoie se compose de trois secteurs : Combe de Savoie, Maurienne et Tarentaise. Cette disposition est autant le résultat de la géographie que du changement de stratégie. Après les désastres de la guerre de 1870,
la France souhaite se mettre à l'abri des envahisseurs. Suite aux points de vue
divergents des politiques français et italiens, l'Italie apparaît comme un
ennemi potentiel ; c'est ainsi que les Alpes seront fortifiés sous la direction
du Général Séré de Rivières. En Savoie, on choisit de défendre les débouchés des
grandes vallées, profitant des infrastructures routières et ferrées : les places
d'Albertville et de Chamousset (1875-1882), composées de forts formant une
ceinture. Ce secteur fortifié défend les axes vers l'Italie, également les
passages secondaires en cas de contournement. La Grande Guerre, comme son aînée, motive la construction d'une nouvelle fortification. L'arrivée au pouvoir de Mussolini fait craindre à la France une action de "récupération de la Savoie, Nice et la Corse". Ainsi la Ligne Maginot concerne les Alpes (1930-1940). Le principe édicté par le Général Baron Berge reste d'actualité : interdire les grandes vallées par un puissant barrage, surveiller la frontière au plus près, tout en bénéficiant du relief. Le secteur de la Combe de Savoie est écarté car trop en retrait de la frontière, seuls les secteurs de la Tarentaise et de la Maurienne sont modernisés. Pour des raison budgétaires, la nouvelle fortification utilise au maximum les anciens ouvrages ; c'est particulièrement le cas à Bourg Saint Maurice, où aucun ouvrage d'artillerie renforce les ouvrages Séré de Rivières. Le tunnel du Fréjus fait l'objet de toutes les attentions. La fortification Séré de Rivières y consacre un puissant fort, renforcé par une couche de béton. Quant à la CORF, le projet de modernisation est abandonné faute de crédits ; en revanche l'Armée des Alpes renforce la défense par la construction de blockhaus.
Armement : Du fait de l'évolution de la stratégie et des priorité, on note de grandes inégalités entre les secteurs.
En plus des fortifications citées ci-dessus, la Savoie compte une seconde position de résistance. Cette fortification se situe en arrière des barrages de vallée ; elle est constituée de blockhaus d'infanterie incomparables aux ouvrages des principales positions. On notera que le secteur de la Combe de Savoie se situe en aval des secteurs de Maurienne et Tarentaise. Les places d'Albertville et de Chamousset avaient ainsi le rôle de troisième position de résistance, ou d'ultime position de résistance. Localisation : Fond de carte 1/200 000e du Service Cartographique de l'Armée, relevés de 1888. En bleu les principales positions fortifiées, avec le nom du secteur.
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